S'il était doué pour le dessin, l'on ne peut pas dire qu'il avait un talent particulier pour la pédagogie. Il appréciait celles et ceux ayant un certain goût pour les arts mais se moquait aussi des élèves ayant moins d'attrait dans ce domaine. Un jour, le fait qu'il s'en prenne à un ou deux élèves "garçon" créa une tension telle qu'une mini-rébellion éclata parmi les élèves de la classe qui furent solidaires en scandant l'injustice.
Nos cours avant lieu dans un autre bâtiment que celui de nos classes régulières. Nous arrivâmes à enfermer notre maître de dessin dans la salle annexe, celle disposant du four pour cuire les œuvres en terre glaise. Nous avons mis du désordre dans toute la salle, y compris de la peinture sur les murs du lavabo, puis avons encore disposé une "bombe puante" avant de quitter les lieux en laissant notre maître à sa douleur. Lorsque nous rejoignîmes le bâtiment principal, si mon souvenir est bon, Pierre-Yves prit la clé de notre classe cachée sur le haut de l'encadrement de la porte et l'expédia à travers les voies de chemin de fer.
Malgré les interrogatoires auxquels nous fument contraints, nous restâmes solidaires et toute la classe fut punie par la suppression d'un camp d'été plus des heures d'arrêt.

